LA SOLITUDE DU JARDINIER, 5.8+, TRAD.
40 mètres + 10 mètres dans un drainage en classe 4 pour se rendre aux arbres.
En résumé : La solitude du jardinier est une nouvelle voie en trad. située à gauche de Douce Nébuleuse dans le secteur du Cosmodrome, au milieu de la large dalle laissée pour compte et passant pas les deux cheminées au centre de ce mur. On devrait trouver une ou deux cordes statiques à gauche de cette voie (mais ces point de repère ont la fâcheuse tendance de bouger…). LA VOIE N’EST PAS ENCORE NETTOYÉE, NI PURGÉE. L’ascension a eu lieu samedi le 1er août à partir du bas, en tête, sans nettoyage ni inspection, en solo sur corde (avec un Soloist) et avec une très utile brosse en métal. Peut-être un nettoyage minutieux révèlera des prises insoupçonnées ?
Récit : Samedi, j’accompagnai Louis-Pierre pour une sortie sans prétentions au Lac Long. Il s’agissait de ma première visite à cet endroit et avant aujourd’hui je n’avais pas vu le topo. Louis-Pierre se proposait d’aller mettre des scellements dans son nouveau projet en 5.DUR juste à droite du Millionnaire. Pour ma part, j’avais des plans beaucoup plus flous.
C’est en marchant vers le secteur des Joyeux Naufragés que, passant devant une large dalle coupée vers le milieu de marches vaguement surplombantes, qui est dans sa partie supérieure balafrée par une fissure oblique, elle même chapeautée de deux cheminées bien distinctes, Louis-Pierre me dit : « Tiens, regarde ! Ce projet me paraît bien, personne ne l’a grimpé. Arian me dit que ça pourrait faire un beau 5.9. »
Il ne m’en fallait pas plus pour accepte cette courtoise invitation. Fébrile, je dépose mon sac, enfile et charge mon équipement, glisse la corde dans mon Soloist, vérifie mon relais au pied de la paroi (car c’est ainsi que l’on procède avec un Soloist), doute quant au premier mouvement et multiplie les essais (car celui-ci est au moins aussi difficile que la cote, même avec le parfait béta), m’élance.
Et commence le jardinage. Plusieurs fissures sont pleines de terre et les prises de pied sur la dalle sont couvertes de champignons. Je « brosse en tête », champignons plein les yeux et plein les poumons ; je nettoie les fissures avec mon décoinceur, et malgré tout, l’ascension progresse assez rondement. La protection va de bonne à excellente et avec un peu d’imagination tous les mouvements se font d’une bonne position d’équilibre à une autre.
Comme je quitte dans quelques jours pour tout le mois d’août, il est possible que je ne trouve pas le temps de nettoyer « La solitude du jardinier » avant septembre. La cheminée du haut est encombrée de pierres lousses et couverte d’une épaisse mousse bien verte et bien imbibée d’eau, bien gorgée de boue. Bien qu’il s’agisse de la section la plus facile de la voie, il s’agit aussi de la plus hasardeuse. Une purge s’impose. Autrement, je crois que « La solitude du jardinier » sera une voie appréciée des débutants/intermédiaires, un bon endroit pour pratiquer la pose de protections naturelles. Ou une façon de bien commencer la journée. J’espère que la voie sera une citation en faveur de l’approche bottom-up sans inspection préalable et une invitation à d’autres grimpeurs à ouvrir des voies suivant les fractures évidentes, les systèmes de dièdres, fissures, etc., à la traditionnelle… L’exploration se continue…
Grimpez prudemment et ayez du gros fun noir ou des gros frissons,
pa